Bonne gouvernance

Avis de PARCEM sur les mesures administratives non sans effets

En date du 16 février 2023, PARCEM a donné son avis et s’est exprimé dans la synergie des médias (BONESHA FM, REMA FM, NDERAGAKURA, ISANGANIRO).

Thème traité : Les mesures administratives non sans effets.

Le message de PARCEM était centré sur trois éléments dont : Le contexte actuel, le cadre légal  et   les causes de ces mesures.

 

L’état des lieux

Dans cette période PARCEM a suivi de près certaines mesures qui ont violé les droits fondamentaux des citoyens. Ces mesures sont :

  • La récente mesure de l’administratrice de la commune Bweru, en province Ruyigi, interdisant aux femmes non accompagnées de leurs maris de circuler au-delà de 19h.
  • La récente mesure du Premier Ministre interdisant tout rassemblement des gens sur les places publiques sous peine de se faire embarquer pour des travaux d’intérêt général.
  • La récente mesure des gouverneurs de la province de Kirundo et Muyinga qui ont interdit la sortie des marchandises  agricoles hors du territoire de leurs provinces.
  • La récente mesure interdisant la population de vendre le maïs grillé au bord de la rue et dans les espaces publiques.
  • Les demandes des contributions dans les cérémonies provinciales et dans les constructions sans respect de la loi.
  • La mesure du Ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique interdisant les couples de se marier dans une maison en toit de chaume ou en paille.
  • La mesure limitant la circulation des motos, les vélos et les tricycles dans certaines localités de la ville de Bujumbura.
  • La récente mesure du Président de la République invitant les corrupteurs de remettre l’argent détourné sur les comptes dans l’anonymat.

 

Le cadre légal

Pour PARCEM, actuellement la cour administrative est ignorée alors qu’elle est la seule cour qui devrait statuer sur ces cas.

Ex : Si la population où la société civile intente un procès contre une mesure abusive de l’administration le pouvoir exécutif ne répond pas.

Les administratifs devraient savoir la structure hiérarchique de la prise des décisions au niveau legistratif et réglementaire : Il y a la constitution, les lois organiques et les lois ordinaires. Le président de la République décrète pour mettre en application les lois, les Ministres ordonnent à travers les ordonnances pour mettre en application les décrets présidentiels.

Le gouverneur est un représentant du Président de la République qui a un travail de veiller à la mise en application de ces décrets et ordonnances qui sont pris au plus haut sommet. En effet, il/elle n’a pas le droit d’émettre un acte réglementaire en dehors d’une législation déjà établie.

 

Les causes de ces mesures

  • L’ignorance des administratifs.
  • L’inexpérience des administratifs.
  • La confusion entre le leadership et la prise des mesures abusives.
  • Le mauvais caractère de prendre des mesures répressives pour montrer son pouvoir.
  • Le fait d’ignorer les conseillers.

Comme conclusion, PARCEM plaide à un changement qui va inverser la tendance dans ce secteur.

Problématique de chômage et inflation au Burundi, Quelle panacée ?

En date du 15/2/2023, PARCEM Burundi a animé une conférence de presse où elle a sorti son rapport d’analyse après la  réalisation d’une multitude d’investigations approfondies à l’intérieur du pays où elle a rencontrée : des représentants de la population de plusieurs catégories, leaders d’opinion et autres afin de s’enquérir de la situation du chômage, ses tenants et aboutissants et les solutions à proposer.

Actuellement le Burundi vit une situation où les trois mauvais phénomènes de l’économie coexistent.

  • L’inflation des biens et des services.
  • Le chômage.
  • La baisse ou stagnation de l’activité économique.

C’est une situation appelée en économie stagflation.

  1. Problématique de chômage

La récente situation de référence sur le chômage prend source dans une ONG (REJA) qui avait fait une enquête dont les résultats étaient accablants en 2019 : 55% en milieu rural, 45% en milieu urbaine.

Pour résoudre ce problème de chômage, il faut en comprendre les causes :

                                     I.1Milieu urbain

  • Problème d’éducation : le niveau de formation à lamentablement reculé, ce qui limite la compétitivité des jeunes en quête d’emploi par rapport à leur qualification malgré le foisonnement des universités et autres écoles.
  • L’Etat ne parvient plus à embaucher à suffisance dans les secteurs clés liés à ses missions fondamentales (santé, éducation) et régaliennes et où le personnel est insuffisant.
  •  Le secteur privé structuré reste faible (taux de salarisation inférieur à 10%).
  • L’industrialisation pourvoyeuse d’emploi est minée par plusieurs problèmes dont le contrôle de la qualité des produits.
  • L’action des ONG a été mise à rude épreuve alors qu’elle constituait une alternative.
  • Les initiatives d’autopromotion se heurtent à trois problèmes fondamentaux :
  • Faible demande, pouvoir d’achat faible.
  • Faible capacité de financement par rapport aux besoins (une seule banque des jeunes à Gitega)
  • Infrastructures (électricités, transport, routes, carburants) insuffisante en qualité et en quantité.
  • Corruption et tracasserie administrative (passeport).

                             I.2 Milieu rural

  • Le secteur agricole (métier trompeur) sur les cartes d’identités : c’est facile de dire qu’on est agriculteur

Le secteur est miné par des défis immenses :

  • Problèmes des terres (moins de 0,5 ha/ménages), 30% sans terre, boulimie d’achat des terres par les hauts cadres.
  • Problèmes des fertilisants (coûts d’entretien d’une vache frisonne).
  • Limitations du rendement par ménage car même les ménages les plus démunis vont au marché pour manger.
  • Au niveau de l’occupation c’est dramatique.

En effet, une famille cultive par exemple son lopin de terre pendant deux semaines par saison. Pour les deux saisons les travaux champêtres durent un mois.

Le reste de l’année : C’est le chômage, alors que les dépenses restent d’une nécessité impérieuse (alimentation, éducation, santé, équipement, cotisation diverses).

D’autres métiers :

  • La Maçonnerie (alors que le secteur bâtiments est en berne.
  • La Menuiserie où la demande est limitée en milieu rural.

D’autres métiers de recours sont des services :

  • Commerce, même ambulant
  • Taxi vélos, taxi motos, taxi voitures, chauffeur, convoyeur, rabatteurs.
  • Les domestiques, agents de propriété
  • Sentinelles, coiffeurs
  • Serveurs dans les bistrots.
  • Aides-maçons.
  • Transport des colis à pieds.
  • Les lavages des véhicules.

Tous ces métiers trouvent marché dans les villes et la seule ville digne de ce nom au Burundi c’est la capitale économique Bujumbura, 80% de la circulation monétaire se trouve à Bujumbura.

D’où la faible urbanisation du pays est une entrave à la création d’emploi et la diversification de l’économie.

On voit une grande partie des jeunes partir dans les villes des pays limitrophes y exercer ces petits métiers (Nairobi, Djouba, Kampala, Lusaka etc) et sans s’inquiéter d’autres prennent des aventures ailleurs dans le monde.

                            II.Mesures administratives contradictoires

  • Combats contre les ligalas de façon maladroits.
  • Tentative de chasser les petits métiers dans la seule ville de Bujumbura.
  • Les fameuses mesures limitant la circulation des motos TUK-TUK et vélos.
  • L’exigence des paiements administratifs intempestifs.

                           III.Quelle solution ?

Pour faire face à cette question de chômage le gouvernement doit se sentir concerné au 1er chef et chercher les moyens y relatifs il a plusieurs pistes :

  • Education et niveau de formation de qualité.
  • Environnement des affaires pour attirer les investisseurs étrangers et nationaux (justice protectrice, garantie de la concurrence).
  • Favoriser les travaux HIMO (constructions, routes, barrages, bâtiments et infrastructures diverses).
  • Recruter le personnel nécessaire (santé et éducation).
  • Limiter les tracasseries administratives et dérèglementer certains secteurs.
  • Electricité (lumière)
  • Sécurité (travail 24h sur 24) une police au service du développement 70% des Burundais vivent en dessous du seuil de pauvreté.
  • Accepter certains petits métiers et éviter leur dénigrement.
  • Faciliter la libre circulation des personnes et des biens (meilleures infrastructures routières, approvisionnement suffisant en carburants, documents de voyage dans les limites).
  • Faciliter le développement des villes.

                            IV.Quant à l’inflation

Elle est actuellement alimentée par six éléments sur lesquelles il faut agir :

  • Les chocs externes liés à la guerre en Ukraine
  • La chute dramatique du rendement du secteur agricole
  • Crise des devises
  • Surtaxation de certains produits.
  • Le cout du transport et de l’énergie (carburant).
  • Tracasseries administratives et corruption.

En concluant, PARCEM demande au gouvernement de redynamiser le conseil économique et social pour aider le gouvernement à trouver les solutions à partir des problèmes et défis bien identifiés.

Annonce de PARCEM sur l’accès difficile au document de voyage dit passeport

En date du 10 Février 2023, PARCEM a donné son avis sur l’accès difficile au document de voyage dit passeport. Le message de PARCEM était centré sur trois éléments dont : L’importance du passeport, l’état des lieux actuel, l’appel aux autorités.

                                                    1.L’importance du document

Pour PARCEM, le document de voyage dit passeport est un document vital pour faciliter le mouvement des biens et des personnes (Commerce, voyage d’affaires et privé, voyages d’études et soins de santé). Outre cela, dans la situation où le chômage est exagéré, le document de voyage est l’un des solutions pour que les burundais puissent être libre de mouvement, chercher du travail ailleurs et puis pouvoir subvenir aux besoins de leurs compatriotes restés à la maison.

Pour un pays, l’accès difficile aux documents de voyage comme le passeport équivaut à sa fermeture au reste du monde.

                                                    2. L’état des lieux

Pour PARCEM, le fait qu’une personne introduit un dossier de demande de passeport au mois de Janvier et obtenir le 1er rendez-vous au mois d’août et en même temps la PAFE donne une dérogation à certaines demandes est une façon d’institutionnaliser la corruption.

Récemment, lors de l’émission publique qui avait été organisée par le Président du République, le Ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique a dit qu’il y avait eu une disproportion entre les demandes et les commandes de ces documents de voyage. Mais jusqu’aujourd’hui le Problème a persisté. Est-ce que les services de la PAFE ne parviennent-ils pas à évaluer les demandes afin d’opérer des commandes suffisantes ?

                                                    3.Appel au gouvernement

En concluant, PARCEM demande le gouvernement de donner l’importance à cette question et lui réserver une solution idoine et rapide.

L’appel est particulièrement lancée au 1er Ministre d’user de toute son influence et son pouvoir pour traiter cette question car c’est l’image du pays qui en pâtit.

un parti politique est un cadre d’encadrement des dirigeants d’un pays

En date du 22 Janvier 2023, en province de Gitega le parti CNDD FDD organisera un congrès ordinaire. PARCEM, étant une organisation de la société civile qui a une expertise dans la promotion de la bonne gouvernance et la bonne gestion de la chose publique, elle a fait un avis.

Pour PARCEM, un parti politique est un cadre d’encadrement des dirigeants d’un pays. Aucun parti n’a le droit d’avoir un déficit d’éducation citoyenne dans l’encadrement ses membres. S’il y a un déficit d’encadrement, les conséquences deviennent incalculables sur toute la nation.

Pour un parti qui est au pouvoir, comme il est  le cas pour le  CNDD FDD, C’est un cas sérieux. En effet, l’éducation des plus hautes autorités de pend de l’éducation du parti au pouvoir. Le Burundi est ce que le CNDD-FDD veut et voudra qu’il soit.

Dans des partis comme le CNDD FDD qui a dû se battre pour arriver au pouvoir, Ils ont un problème de la légitimité historique  et de la légitimité pragmatique.

En effet il y a un courant qui veut asseoir sa légitimité sur un passé. Ils veulent asseoir un système qui ne respecte pas la loi (Vole, crime économique, crimes de sang). Ils priorisent l’intérêt particuliers au lieu de l’intérêt général. (Légitimité historique).

Tandis qu’une autre partie veut trouver des solutions aux problèmes qui hantent le développement du pays en priorisant l’intérêt général (légitimité pragmatique).

Sur ce, PARCEM demande aux congressistes que ce congrès soit un congrès fatidique pour le CNDD-FDD. Un moment de faire son introspection et de se donner une vision qui va orienter le développement du Burundi.

En concluant, PARCEM veut rappeler de nouveau les bagumyabanga qui participeront dans le congrès qu’ils ont une grande responsabilité devant l’histoire parce qu’ils vont totaliser bientôt 20ans au pouvoir.