
La presse joue un rôle déterminant dans le contrôle citoyen du processus électoral.
Introduction
La CENI a annoncée qu’elle va contrôler la nomination des journalistes qui pourront avoir le privilège de faire la couverture médiatique des élections le jour du scrutin le 05/06/2025. Pour ce PARCEM a sorti une analyse pour exprimer ses inquiétudes sur la couverture médiatique des élections du 05/06/2025.
Le rôle de la Presse dans la transparence électorale
PARCEM voudrait d’abord rappeler le rôle fondamental de la presse pour le renforcement de la transparence électorale. On ne peut pas parler de renforcement de transparence électorale digne de ce nom sans une presse libre et indépendante, qui a le pouvoir de jouer son rôle dans la liberté totale.
Les journalistes devraient arriver plutôt partout de par leurs moyens ou leurs cartes de presse. La permission du journaliste pour couvrir un évènement est la carte de la presse, du moins pour un journaliste Burundais, mais il peut y avoir d’autres exigences pour les journalistes étrangers.
Les journalistes sont des observateurs parmi d’autres, par ailleurs des observateurs par excellence car eux ils ont une valeur ajoutée parce qu’ils peuvent communiquer aux citoyens le déroulement des élections pendant la journée du scrutin. Chaque évènement ou incident peut être communiqué et porté à l’opinion nationale et internationale. Cela peut décourager ceux qui veulent commettre des abus pendant le jour du scrutin.
Chaque bureau de vote est indépendant car c’est le centre où se déroule le comptage des voix en présence des observateurs, des mandataires et des journalistes dans la transparence, et la signature du PV dont le contenu peut être porté à l’opinion par le biais des journalistes. C’est l’acte fondamental pour le renforcement de la transparence.
C’est incompréhensible que la CENI se donne le privilège du choix des journalistes qui vont prester le jour de l’élection. Le rôle des institutions est séparé, il y a le Conseil National de la Communication et le Gouvernement, la CENI n’a qu’à jouer son rôle de préparer techniquement les élections, ce n’est pas à elle de choisir ou d’interdire tel ou autre journaliste. Ce comportement de la CENI montre qu’il y a anguille sous roche par rapport au niveau de la transparence.
Il faut rappeler que l’exemplarité d’une élection transparente date de 2005. Les élections de 2005 avaient été caractérisées par une transparence notoire, réelle et visible, on se souvient que chaque bureau de vote pouvait communiquer les résultats à l’instant même pour permettre à la population de suivre le déroulement du scrutin et barrer la route aux tricheurs qui pourraient au moment de la compilation détourner les résultats en communiquant les chiffres par exemple erronés.
Le contexte de la pénurie du carburant pourra bloquer l’arrivée des observateurs et des journalistes sur le terrain. Il faudrait que ce problème soit résolu, on avait promis de le résoudre avant la campagne électorale mais la promesse n’a pas été tenue.
Si on continue à organiser des processus électoraux dans l’opacité alors qu’il y a des problèmes criants qui hantent la population, cela va prouver qu’il y a une tendance de la part des décideurs politiques de se maintenir au pouvoir alors que leurs capacités de relever les défis sont assez limitées, ce qui pourra renforcer les frustrations.