Economies

Insécurité alimentaire au Burundi : une crise persistante pour 7 Burundais sur 10.

Introduction

Le 15/06 de chaque année, le Monde entier célèbre la journée dédiée à la lutte contre la faim et consécutivement la journée du 16/06 est dédiée à l’enfant Africain. Pour ce, PARCEM a voulu donner un message par rapport à la lutte contre la faim dans notre pays.

 

L’état des lieux de la lutte contre la faim au Burundi  

 

Dans son analyse, PARCEM a d’abord rappelé que cette journée arrive au moment où les chiffres sont  alarmantes avec 70% de la population  qui vit dans une insécurité alimentaire chronique , 75% de la population qui vit sous le seuil de la pauvreté et 58% des enfants qui souffrent de la malnutrition chronique sans oublier qu’une partie d’entre eux souffrent de ce qu’on appelle la malnutrition sévère.

 

La situation actuelle de la conjoncture économique complique la situation avec une inflation de 40%, l’une des plus élevées jamais atteinte dans  l’histoire de notre pays, et là où le bât blesse ce sont les produits alimentaires qui sont à la base de cette inflation galopante et la conséquence est lourde au niveau de la capacité du pouvoir d’achat de la population pour satisfaire leurs besoins alimentaires.

 

Normalement, si on analyse les chiffres publiés au moment de la tenue des états généraux de l’agriculture, on constate qu’il y a un déficit de 30% au niveau de la production alimentaire de la grande partie des cultures vivrières (haricot, pomme de terre, manioc,…). Nous sommes en insuffisance de production et on se rabat sur le maïs, mais lui aussi ne permet pas à enregistrer des recettes suffisantes pour se procurer d’autres biens de consommation et pouvoir diversifier l’alimentation à partir des achats sur le marché.

 

Recommandations de PARCEM

 

Le Gouvernement devrait faire un effort et jouer sur les causes qui ont été déjà identifiés. Ainsi, PARCEM recommande de :

  • Revoir la politique foncière. Nous enregistrons actuellement une atomisation progressive des terres agricoles causée par la croissance démographique incontrôlée et le taux d’acidité qui frappe les sols Burundais.
  • Disponibiliser les fertilisants qui se font de plus en plus rares. un agriculteur peut payer pour avoir les fertilisants au moment de la saison culturale A mais il arrive à la saison culturale B sans avoir au moins 1kg de fertilisant. Les produits phytosanitaires manquent ainsi que les semences sélectionnées qui manquent en quantité et en qualité suffisante, la recherche scientifique qui fait défaut, on ne peut pas prétendre booster la production agricole sans avoir des centres de recherche dignes de ce nom qui appuient la production à partir d’une recherche de qualité.
  • Renforcer l’encadrement au niveau local des vulgarisateurs agricoles qui a reculé avec le manque de maitrise des problèmes liés à l’environnement comme l’érosion.
  • Revoir la professionnalisation des acteurs. Actuellement, il y a une politique qui veut faire croire que les hauts dignitaires seraient des agriculteurs exemplaires, il faut plutôt avoir des agriculteurs professionnels dont les activités ne sont pas là pour créer une concurrence déloyale dans le secteur agricole.
  • Promouvoir l’agriculture de marché sans toutefois oublier l’agriculture familiale pour tenir la production au niveau de la famille mais aussi en essayant de libérer la femme rurale Burundaise pour favoriser l’agriculture de marché.
  • Revoir les statistiques sur l’autosuffisance alimentaire surtout qu’il y a eu un mensonge qui a été développé sur la présence d’une autosuffisance alimentaire au Burundi sans qu’elle soit appuyée par des statistiques fiables produites régulièrement par le Ministère en charge de l’Agriculture et celui en charge du Commerce. A partir des chiffres fiables on pourrait importer une quantité à l’extérieur pour combler le déficit de la production locale.
  • Harmoniser les politiques et les documents stratégiques au niveau national. Il y a le document par exemple de l’orientation de la politique environnementale, agricole et d’élevage ; il y a la politique nationale de la sécurité alimentaire ; la politique nationale d’investissement agricole. Il y a plusieurs documents qui ont été élaborés depuis longtemps mais dont l’évaluation n’est pas régulière. Il est grand temps d’avoir une politique commune et l’évaluer régulièrement à partir de la disponibilisation des moyens budgétaires suffisants pour les mettre en application car il faut casser cette situation où les documents sont élaborés alors qu’au niveau de la priorisation budgétaire c’est autre chose qui se fait.
  • Lutter contre les détournements et les malversations dans le secteur agricole car il est regrettable de constater que le Gouvernement consacre des moyens colossaux dans ce secteur surtout dans la subvention des engrais chimiques alors que la population demeure en manque de ces derniers.