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Campagne sur le leadership politique burundais

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Constatant que de plus en plus il s’observe  un déficit de leadership au sein de la classe politique Burundaise, PARCEM lance une campagne pour le réveil de la conscience citoyenne sur le leadership politique Burundais .Pour ce, elle  interpelle la classe  politique de s’occuper des véritables défis nationaux.

Pendant une période de plus d’une décennie 1993-2005, le Burundi a connu une crise socio-politico-économique sans précédent  qui a complètement laminé tous les secteurs de la vie nationale. Cependant, depuis la signature de l’accord d’Arusha en 2000 et l’organisation des élections générales de 2005, une lueur d’espoir semblait pointée à l’horizon.

 En effet, l’accord d’Arusha devenait un creuset où devrait se fondre toutes les chicaneries ethniques qui avaient endeuillés notre pays à intervalles réguliers et les élections générales permettaient au pays de se remettre sur les rails de la démocratie. Malgré tout cela, le pays reste dans une situation de morosité sur tous les plans.

Au niveau politique, le pays reste fragile car marqué par des incompréhensions au sein de la classe politique, elle-même, en panne des projets de société digne de ce nom. En effet, au sein de la classe politique (Pouvoir ou opposition), il manque une vision qui génère une lucidité conduisant à une dynamique de solutions aux véritables défis nationaux. Cela se remarque au niveau du caractère des débats régulièrement animés sur la voix des ondes les chicaneries internes au sein des partis politiques, l’intérêt individuel mis toujours en avant au détriment de l’intérêt supérieur de la nation, la versatilité des uns et des autres, la cupidité, la communication de pyromane, l’impatience, le manque de retenue, le sentiment de tricherie, la crainte de la compétition sincère et l’égoïsme sont autant d’ éléments vus chez beaucoup des politiciens burundais et qui risquent d’hypothéquer gravement la confiance que les citoyens ont dans la classe politique actuelle. Certains n’hésitent pas  même de justifier la récente timidité qui a marqué le processus d’enrôlement comme un début de désaveu manifeste dans ce sens.

Au niveau économique, le pays  peine à décoller, en se dotant d’une croissance permettant de lutter réellement contre la pauvreté.

En effet, au moment où d’autres pays, au lendemain de la guerre, affichent un taux de croissance à deux chiffres (Rwanda, Sierra Leone, Ouganda, Libéria,…), le Burundi a raté cette occasion et sa population reste dans une pauvreté indescriptible (67% de la population selon le CSLPII)

Le Burundi a un PIB de 300USD/Habitant alors que la moyenne subsaharienne est de 600USD/Habitant. La Banque Mondiale vient de sortir un document où elle mentionne que si le Burundi garde le rythme de croissance actuel entre 4 et 5%, il restera un des pays les plus pauvres et sa pauvreté ne reculera plus.

Le PIB /hab en USD de quelques pays en 2013

Pays

Montant en USD/hab

Cote d’ivoire

1175

Lesotho

1193

Sénégal

1072

Benin

805

Burkina-Faso

729

Rwanda

700

Mali

659

Togo

640

Guinée Bissau

524

Niger

443

Burundi

300

Le Burundi veut aboutir à 700USD/hab en 2025 selon la vision 2025

Selon les Etats généraux de l’Agriculture 58% des enfants burundais souffrent de la malnutrition chronique alors que le seuil d’alerte de l’OMS est de 40%.  Là où le bât blesse, le pays s’est doté d’instruments qui devraient lui permettre de décoller : Vision 2025, CSLPII, SNBGLC, PNSA, PNIA, Stratégie de l’environnement et très récemment stratégie minière, des Etats généraux et des retraites sur des secteurs  variés sont régulièrement organisés, mais malgré la tenue de ces grandes messes, les recommandations qui en sont issus restent lettre morte :

-        -   Etats généraux de l’agriculture

-          - Etats généraux de la justice, Education

-          - Retraite sur la corruption et les infractions connexes

Le premier rapport de suivi de la situation économique et financière qui vient de paraitre et élaboré par la Banque Mondiale est on ne peut plus claire. Si le Burundi garde le rythme de croissance actuelle, en 2025 il restera un pays très pauvre, avec un PIB/Habitant de moins de 300/Habitat. Le Burundi est un pays qui ne produit que faiblement, qui n’exporte presque rien. Il est l’un des pays ayant le plus faible taux d’exportation/PIB. Le PIB/Habitat du Burundi est de loin inférieur à la moyenne subsaharienne. Le Burundi ne parvient pas à attirer les investissements directs étrangers, 7 millions USD par an alors que le Rwanda en engrange 100millions USD par an. Le même document incite le Burundi à changer de politique et à s’éveiller en sursaut par rapport à la situation.

L’exemple est du Lesotho,  celui-ci est un petit pays qui a les mêmes problèmes et les défis que le Burundi. Malgré ces contraintes, le Lesotho, en adoptant une politique de promotion d’exportation agressive (augmentation de 19%/an), les exportations sont passées du 13% du PIB /an à 47% en 2012 en 15ans. Et de 2001 à 2012, le PIB/HAB du Lesotho a été multiplié par trois passa de 377  USD/an. Même le Rwanda vient d’aboutir aux taux de 700USDS/Hab. En 2013, alors qu’il était à 235 USD le lendemain de la guerre. L’ile Maurice a actuellement un PIB de 9160 USD/Hab.

Dans tout ça, la catégorie qui paie le plus c’est la jeunesse. Celle-ci ne sait plus à quel saint se vouer. Elle est instrumentalisée (entretien des milices, récentes attaque de Cibitoke et autres). Elle est comme un enfant perdu dans un labyrinthe car le politicien  se soucie peu de son sort. Feu Docteur Monroe n’avait-il pas déclaré qu’un vrai leader protège les générations futures. Alors, on peut se poser une question fondamentale par rapport à cela. Qu’est ce qui manque ?

PARCEM pense qu’il faut chercher dans la qualité, les capacités  du leadership politique burundais. Rwagasore n’avait-il pas déclaré: « ahatagira ubukuru nyabwo ntihagira iteka nitekane».

Selon les rapports de la CNCA, la faiblesse de la planification  pour  mobiliser les fonds des bailleurs est dû au manque du leadership fort dans l’administration.

Mo Ibrahim, le chantre de la gouvernance en Afrique vient de déclarer : «  Nous avons besoin d’une nouvelle génération des dirigeants en Afrique. Mo Ibrahim a toujours une obsession « le leadership » et si l’Afrique ne va pas toujours aussi bien qu’elle le devrait, c’est parce qu’elle en manque. 

Par exemple au Burundi les débats pourraient s’orienter sur la solution aux défis suivants

-          La corruption

-         -  L’enrichissement illicite

-         -  Problème du secteur privé

-        -   La justice

-         -  Le secteur minier

-         -  La structure fiscale

-         -  Harmonisation des salaires

-         -  Qualité des services publics

-         -  Qualité de l’éducation

-        -  Capacité de la planification de l’administration pour la mobilisation de l’aide

-         -  La dépendance exagérée de l’aide

-        -   Montée intempestive des taxes

-        -   La famine

-        -   Malnutrition infantile

-          Libertés publiques, impunité, le chômage, problèmes bancaires, intégration régionale

A fin de compte quelle vision ?

Le premier pilier de la vision 2025 c’est promouvoir un leadership fort à tous les niveaux de la hiérarchie de l’appareil de l’Etat.

  1. Concept de la vision

En 2025, le Burundi est une nation unie, solidaire et en paix ; Un pays bâti sur une société de droit avec un patrimoine culturel riche ; Une économie prospère au service du bien-être de tous (taux de croissance de plus de 10%, un PIB/hab  700 USD /hab et 3 enfants/ femmes)

Selon le Dr Myles Munroe, l’éminent prédicateur américain :

1.      « Les politiciens pensent aux élections, alors que les leaders s’intéressent à l’avenir »

2.      « Les politiciens ont des projets tandis que qu’un leader à une vision. »

3.      « Les politiciens courent derrière le pouvoir et la force mais les leaders cherchent le développement des citoyens. »

4.      « Les politiciens protègent leur fauteuil, les leaders protègent les générations futures. »

5.      « Les politiciens craignent la compétition mais les leaders partagent le pouvoir »

6.      « Les politiciens gardent jalousement leur place mais les leaders préparent leurs successeurs »

D’autres  ajoutent

ü     1. Les politiciens s’appuient sur la force et l’argent et les Leaders s’appuient sur les idées et le débat.

ü    2.  Les politiciens collaborent et protègent les vampires de la nation mais les Leaders protègent le pays et les citoyens contre les actions des vampires.