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Que les hauts cadre & Ministres rendent leurs tabliers!

Écrit par Ezéchiel NSABUMUREMYI le .

Depuis 2011, le Burundi s’est doté du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté 2e génération (CSLPII). C’est un document qui trace les orientations stratégiques et les choix macroéconomiques judicieux pour tirer le Burundi de cette pauvreté endémique. C’est un document de mobilisation des fonds par excellence dans le contexte de la déclaration de PARIS sur l’efficacité de l’Aide Publique au Développement(APD). A travers ce document, le Burundi devrait exprimer les besoins concrets nécessitant des appuis directs avec des résultats tangibles. Ce qui fut fait.

 

 D’abord, le Gouvernement a organisé à Genève la conférence des bailleurs de fonds. C’est à ce moment où le Gouvernement a expliqué le contenu du CSLP,  ses grandes orientations aux partenaires techniques et financiers. Ce jour-là, des promesses de financement des partenaires ont été exprimées d’une manière classique. Mais, pour y voir clair, les partenaires ont recommandé au Gouvernement du BURUNDI à organiser des conférences sectorielles pour, non seulement permettre aux partenaires ayant annoncé leur intention des financements de les affecter à des projets et programmes biens précis, mais aussi, donner l’occasion aux autres partenaires potentiels d’annoncer leurs éventuels appuis. Ainsi, deux conférences sectorielles ont été organisées à Bujumbura aux mois de juillet et octobre 2013 pour concrétiser les résultats de Genève.

 1.      Divergence entre les engagements et les besoins exprimés

Dans le rapport de suivi des engagements des conférences de Genève et sectorielles qui vient d’être sorti par le secrétariat permanant du CNCA, il est paradoxal de constater que l’écart entre les besoins de financement exprimés à Genève (3.58 M USD) et ceux exprimés lors des conférences sectorielles (6.7 milliards USD) est énorme : du simple au double. Ceci est du à une redéfinition des besoins par les ministères causée par une mauvaise estimation.

 1.      Un gap de financement qui dépasse l’entendement

Actuellement les besoins totaux du CSLPII, sont estimés à 6.728.404.078USD et les disponibilités sont estimées à 1.962.648.653USD avec un gap de 4.753.786.138 USD soit 71%. L’axe de croissance économique à un gap de 78% alors que le CSLPII est basé sur la croissance économique. Un tel gap ne peut  jamais permettre à la réalisation des prévisions. Des secteurs clés ont un gap de financement hors du commun : Agriculture : 60%, secteur privé 83%, énergie et mines 97%, infrastructures économiques 85%.

 1.      Dépendance de l’aide

Dans ses prévisions de développement, il est apparu que le Burundi mise sur l’aide publique au développement alors que ses capacités et stratégies de la mobilisation restent très faibles dans un contexte de plus en plus moins favorable à ce type de financement. Les investissements directs étrangers sont très faibles. Actuellement, 7 millions d’USD alors que le Rwanda en engrange par exemple 107millions.

 1.      Quels résultats concrets ?

Même si le CSLPII était centré sur la croissance, il vient de louper sa mission car la croissance est restée morose en moyenne de 4%, les exportations restent faibles et peu diversifiées. Exemple, l’apport du tourisme reste marginal. Le taux de croissance devrait avoir abouti à environ 8% et le problème de l’énergie reste une réalité.

 1.      Quelles raisons à la base de cette situation

Le rapport du CNCA met en exergue certaines contraintes du côté burundais qui donnent matière à réflexion :

a)      Le déficit des capacités institutionnelles et de leadership qui a une implication négative sur beaucoup de facteurs en provoquant notamment une lenteur dans l’action et par conséquent un impact positif sur l’efficacité de l’affectation des ressources promises, la capacité d’absorption et la qualité du dialogue entre le Gouvernement et les partenaires.

b)      Il a été démontré que les ministères sectoriels ont du mal à cadrer leurs besoins et de les entrer dans les plafonds des dépenses prévisionnelles définies par le cadrage budgétaire du CSLPII tel que présenté à Genève.

c)      Aussi, les ministères ont des difficultés à s’assurer une planification cohérente et de définir les priorités. A cela s’ajoute les engagements du Burundi pris  comme conditionnalités des partenaires.

                                i.            Respecter et promouvoir les libertés fondamentales et les garanties des droits individuels ;

                              ii.            Favoriser un climat politique d’ouverture, d’inclusivité de tolérance et de dialogue en perspectives des élections de 2015 ;

                            iii.            Mettre en application la Stratégie Nationale de bonne Gouvernance et de lutte contre la corruption (SNBGC) et la stratégie de gestion des finances  publiques

                            iv.            Améliorer le climat des affaires

                              v.            Améliorer le mécanisme de coordination des aides

 Conclusion

Un sursaut est nécessaire, si le rapport épingle le déficit des capacités institutionnelles et de leadership dans l’administration, PARCEM est convaincu que la valeur des institutions est la valeur des personnes qui les incarnent. Le Gouvernement doit se sentir responsable de cette situation et doit répondre devant les citoyens à travers le Parlement. Et le Chef de l’Etat devrait prendre la responsabilité en balayant le système Gouvernemental actuel.